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LE PROGRAMME CARAMED 2008

- AVENTURE PLURIEL -

LA CARAVANE Méditerranéenne 2008

5 voiles latines - 120 participants - 1000 miles - 40 escales

pour faire découvrir le patrimoine maritime méditerranéen.

La Caravane Méditerranéenne a appareillé le 7 juillet 2008 à l'occasion de la 5ème fête maritime internationale de Brest. Au programme, convoyage des voiles latines par la route jusqu'à Brest, participation à Brest 2008 et Douarnenez 2008, navigations en mer d'Iroise, Raz-de-Sein, rencontres à Lorient, mouillages à Belle-Ile, changement d'équipages dans le golfe du Morbihan et ... ainsi de suite jusqu'à Cagnes-sur-Mer. Inutile de dire que le carnet de bord ci-dessous vous donnera l'occasion de rêver et peut-être l'envie de participer à la prochaine Caramed. Place au récit.

Caramed 2008 - L'album photos

LE BILAN CARAMED 2008

11 - 17 juillet 08 -

Brest

La semaine passée à Brest puis Douarnenez correspondait à une mise en jambes du point de vue de la navigation. Côté festivités et rencontres, a contrario, on est tout de suite dans le bain. Échanges sympas avec les croates, rencontres en tous genres, interviews par la presse locale, soirées animées... Premier démâtage en espérant que ce soit le dernier (sur Lou Tcherne), un bon coup de main des bretons pour trouver un mât et - quelques verres de cidre plus tard - Lou Tcherne regréait son antenne. Juste avant que l'ambassadeur des lieux, un dauphin Tursiops s'invite à la fête, jouant avec les avirons des croates rentrant au port. Le cétacé n'hésita pas à se glisser dans le bassin n°3 parmi les jangadas brésiliennes et les barques catalanes pour donner libre cours à son instinct de jeu.

 

Bénodet
17 - 20 juillet 08 -

Douarnenez

Après une arrivée sur Douarnenez d'une rare intensité - la baie de Douarnenez entre La Chèvre et Rosmeur étant parsemée de gréements majoritairement anciens navigant sous bonne brise - les équipages n'ont pas tardé à s'habituer à ce nouvel environnement, invitant à bord les basques mouillés non loin de là et improvisant quelques chants marins sur les airs d'accordéon d'André et de Colette. Côté patrimoine à Douarnenez, on est servi. Musée à flot, chantiers de construction traditionnelle, histoire ouvrière des conserveries de poissons... le tout dans un village magique qui retrouve une part de son ambiance d'antan lorsque les gréements auriques s'invitent dans son vieux port. Quand à la fête, on retiendra tous les évolutions époustouflantes de La Granvillaise lors du concours de manœuvres - la bisquine naviguant toutes voiles dehors sous jolie brise au beau milieu des mouillages sur bouées de Rosmeur, son gréement à la gîte frôlant les mâts des sloops et virant au dernier moment sous le vent de la grande digue ou de la cale ronde ...  

 

BénodetBénodet
21 juillet 08 -

Douarnenez - Bénodet

3h30: Sur l'unique ponton du port de Rosmeur à Douarnenez, une certaine activité est déjà perceptible alors que les derniers équipiers sortent à peine du duvet. Les voiles latines sont amarrées à couple les unes des autres prêtes à appareiller mais les équipages méditerranéens ne sont pas les seuls à prendre la mer. Deux pêcheurs locaux font tourner les moteurs de leur embarcation alors que la ville des Penn Sardin est plongée dans la torpeur d'une nuit d'été rafraîchie par une légère brise de terre. 

Café pour tout le monde, cirés, polaires et lampes frontales aussi. Les nuits sont fraîches dans le coin. La veille au soir, Thierry constituait le sac de survie de San Martinu - le pointu corse d'Aventure Pluriel tout récemment ramené de Calvi - pendant que les skippers des 6 voiles latines et du Muscadet s'accordaient sur la route à suivre pour les 50 miles de navigation à venir: Sortie du port, puis cap au 270 jusqu'à laisser la pointe du Raz dans le 150 ensuite cap au 180 pour passer bien au milieu du Raz-de-Sein et une fois la Vieille dans le 45, cap au sur la pointe de Penmarch, histoire d'arriver aux Glénans ou à Bénodet en début de soirée. Météo favorable, contacts VHF sur le canal 72 entre les bateaux, échanges des numéros de portables... Navigation de conserve, la Bonne Mère sera en tête.

4h30: Premier grand départ et première avarie: Flaminda, le pointu de Jean et André utilisé au sein de l'association Rivages de Méditerranée s'arrête étrangement à la sortie du port et s'amarre à la digue extérieure. De l'eau dans le gasoil. La consigne passe de bateaux en bateaux rapidement, tout le monde continue selon la route prévue à l'exception de Thierry et Michel sur Virgine qui assistent Flaminda.

6h00: Le soleil se montre, vent faible de secteur ouest, rosée matinale, Pégase et San Antone se sont écartés de la route de Bonne Mère en suivant les lumières d'un voilier faisant même cap. Du coup, la flottille est séparée. Le Muscadet utilisé au sein de l'association Aventure Pluriel et le gréement latin de Rivages de Méditerranée naviguent ensemble Avec le jour qui se lève peu à peu, la situation s'arrange rapidement: Les voiliers n'étaient séparés que d'un mile environ et tout rentre dans l'ordre en arrivant à proximité du Raz-de-Sein. 

8h00: On y est, le Raz-de-Sein. Ici, les courants ne plaisantent pas et il vaut mieux les avoir avec soi. Du coup, on avait choisit de s'y présenter à l'étale de marée haute. En passant à côté de la Jaune du Raz, on a une image précise de la force des courants. Même en cette période de faibles coefficients de marée et à l'étale, la bouée cardinale est fortement inclinée et les remous à sa base nous permettent de constater que le courant s'est déjà inversé. Il y a grand soleil, le vent est complètement tombé et l'image est rare: 5 gréements latins traversent le Raz-de-Sein en file indienne alors que les pêcheurs du coin s'activent aux environs de La Vieille.

11h00: L'équipage de Pégase, qui comptait sur un peu de vent, n'avait embarqué que 40 litres d'essence pour son petit hors-bord de 5 chevaux. Il reste 30 miles à parcourir et le vent ne semble pas vouloir se montrer. Les ports de la pointe de Penmarch étant réservés aux pêcheurs, il est convenu que Pégase fasse une halte dans le petit abri de Saint-Evette, situé à quelques encablures d'Audierne, afin de compléter ses réservoirs et rejoigne ensuite la flottille.

22 juillet 08 -

Bénodet

13h00: Après les 50 miles de la veille, Michel, Thierry, Manu et les autres décident de s'offrir une remontée de l'Odet, la rivière qui relie Bénodet à Quimper. Vent portant, ciel bleu, une navigation reposante en perspective... L'équipage de Pégase n'a pas encore rejoint, n'ayant quitté Saint-Evette qu'à 9h00 ce matin.

Commence alors pour les équipiers de la Caramed une lente glissade vers le nord au centre d'un paysage hors du temps. Aussitôt le port de Bénodet dans le sillage, ce ne sont que vasières, bras de rivière silencieux, vieilles coques envasées, petits ponts de pierres noyés dans la végétation avec au loin la silhouette des châteaux bretons et la chapelle de Gouesnach. Quatre heures d'une navigation au portant sans égal si ce n'est la remontée de la rivière d'Auray dans le Morbihan, autre lieu de traditions et d'authenticité. Remonter l'Odet à la voile sur de vieux gréements à la recherche de leur histoire maritime, c'est déjà parcourir le temps au rythme d'un voyage initiatique. Et c'est aussi un clin d'œil à celui qui, ici, il y a cinquante ans, a débuté l'une des plus belle aventure maritime du siècle en restaurant une vieille coque nommée Pen Duick posée dans une vasière depuis que son père l'y avait laissée. 

En arrivant à Quimper, il faut se rendre à l'évidence. En pleine saison, il n'y a pas de place pour 4 voiles latines souhaitant s'amarrer à quai tout en restant ensemble. Qu'à cela ne tienne, le bras de rivière est suffisamment large pour mouiller d'un côté et y passer la nuit sans gêner qui que ce soit. A bord de San Antone, on affale la polacre, on reprend du "d'avant" et on sort le mouillage avec un doute cependant sur la hauteur d'eau à marée basse. "C'est bon, on a regardé ça passe" annonce l'amiral. Alors, si ça passe... San Antone et La Bonne Mère mouillent à couple tandis que San Martinu et Virginie s'immobilisent à quelques mètres de là. A bord, les uns décident de visiter Quimper alors que les autres préparent le dîner. Vers 23h00, tout le monde est couché. La mer, elle, a commencé à descendre.

3h00 du matin, à bord de San Antone: Jean et Colette sont réveillés par la sensation étrange d'une gite imprévue. Sur La Bonne Mère, Thierry a le même sentiment, on touche. Un coup d'œil rapide vers San Martinu et Virginie, les 2 pointus tirent doucement sur leur mouillage et tout le monde semble dormir à bord. On est donc sur un banc de sable, légère surélévation du fond provoquée par la conjonction de l'effet des marées et du vent, improbable support naturel de limon et de sable tant redouté au large pour les déferlantes qu'il provoque. Mais ici, rien à craindre et de toutes façons, rien à faire dans l'instant. Les coques s'inclinent jusqu'à reposer sur leur bouchain et avec un peu de chance, la quille s'enfoncera jusqu'à ce que les deux bouchains reposent, ce qui permettra à tous de terminer dans les meilleures conditions cette paisible nuit d'été aux confins d'un endroit magique. 

9h00: A bord de Viginie, le café est passé. Avec tout le confort moderne à bord, Virginie est le pointu sur lequel on cuisine, papote, bricole, répare ... et où l'on se réfugie quand il pleut. Michel, skipper et principal artisan de la restauration de ce pointu de 8 mètres, ne manque jamais d'inviter les copains derrière une tasse de café ou un verre de cidre. Et aujourd'hui, la discussion porte bien évidemment sur l'échouage de la nuit... Banc de sable ou erreur de calcul ? Coup du sort ou négligence manifeste ? Difficile de juger. D'ailleurs, quand on pose la question, impossible de savoir qui calculé la hauteur d'eau la veille au moment de mouiller. Un peu tout le monde mais vraiment personne et certains avec les coefficients de marée de l'almanach 2007 de surcroît ! Quoiqu'il en soit, les quatres voiles latines sont bel et bien à flot désormais et le jusant n'attend plus que nous pour reprendre sa route et nous ramener vers Bénodet puis Lorient.
 

A venir: Déferlantes à Oléron et photos de la Gironde...

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